L’IA pourrait contribuer à augmenter la productivité mondiale de plus de 37% d’ici à fin 2030. Ok, on sort ce pourcentage du chapeau. N’empêche que son impact « positif » est déjà une réalité.

Pourtant, si les nouveautés en matière d’Intelligence Artificielle nous aident à être plus productifs, elles n’ont que peu d’incidence sur nos propres habiletés émotionnelles et intellectuelles. Dès lors qu’il s’agit de mieux appréhender nos capacités, nos raisonnements, nos émotions, notre perception, notre mémoire ou tout autre signal que nous envoie notre cerveau, ce sont vers les neurosciences qu’il faut se tourner, et les neurosciences cognitives en particulier. Un domaine de recherche qui intrigue le monde de l’entreprise, en quête permanente d’axe d’amélioration.

Et si, en lieu et place de l’IA, les neurosciences cognitives étaient la véritable clé pour augmenter notre bien-être au travail ?

 

Améliorer son quotidien professionnel grâce aux neurosciences

Selon Yuval Noah Harari, principalement connu pour ses ouvrages Sapiens et Homo Deus, l’un des trois principaux challenges de l’humanité dans les siècles à venir sera la recherche du bonheur. En considérant que l’on passe une grande partie de notre temps au travail, comment atteindre cet idéal sans une profonde mutation de notre qualité de vie professionnelle ? C’est justement ce sur quoi les neurosciences nous permettent de nous pencher.

Et il n’est pas toujours nécessaire à ces dernières de brancher une collection d’électrodes pour permettre une meilleure compréhension des mécanismes en action, que ce soit lors d’une réunion, d’un travail collectif, d’une pause dej’ en solitaire ou d’une quelconque interaction professionnelle.

En premier lieu, elles ont soulevé l’importance d’un environnement de travail en accord avec nos besoins cognitifs. Qu’il s’agisse de l’agencement de notre bureau, du degré de luminosité ou encore de la manière de prendre des pauses, différentes études révèlent que de nombreux éléments influent sur les capacités de notre cerveau et donc sur notre bien-être.

En guise d’exemple, la neuroscience nous confirme notamment que notre cerveau est limité en termes de ressources (on ne cible personnes en particulier, c’est la science…) et qu’une exposition prolongée à l’écran de notre smartphone nous demande une énergie folle. En découle une capacité moindre à entamer des actions susceptibles de faire baisser notre niveau de stress.

Conséquence : notre nervosité, notre pessimisme et surtout notre angoisse augmentent à mesure que notre connectivité s’intensifie. Ce qui impacte inévitablement notre efficacité.

Pour ceux qui ont l’habitude de bosser depuis le Groenland, cet autre exemple vous interpellera peut-être plus : la luminothérapie. L’être humain est habitué à vivre au rythme de la lumière du soleil, qui normalement fluctue… Du coup, passer sa journée sous un néon de même intensité aurait tendance à fatiguer notre cerveau. Pour pallier cet affront biologique, nos copains les distributeurs vendent donc des technologies qui permettent de simuler cette lumière naturelle, « must have » à tout bureau de qualité.

 

Repenser la routine salariale

Cette sous classe de la médecine n’identifie pas uniquement les problématiques liées à notre fonctionnement neuronal, elle propose des solutions préventives et palliatives pour contrer les tromperies de notre cerveau. En d’autres termes, elles peuvent nous aiguiller sur les pratiques les plus saines pour notre santé mentale.

Exemple : le salarié efficace sur le long terme n’est plus celui qui reste travailler toute la nuit mais bien celui qui rentre se reposer et déconnecter. Un bon bol de céréales, un produit laitier, un fruit et hop, on recommence une nouvelle journée en pleine forme.

Et puisque nous ne sommes pas avares en vérités scientifiques, sachez que cette discipline a aussi brisé certains mythes… N’en déplaise. Certains Docteurs en neurosciences démontrent ainsi qu’il est impossible d’apprendre en dormant. Ce qui explique probablement pourquoi je ne parle toujours pas Anglais malgré toutes ces années passées à m’endormir devant la version originale de Titanic.

En revanche, ces mêmes docteurs ajoutent que dormir après une bonne leçon permettrait de consolider la mémoire. Et on ne parle pas de violences, évidemment.

Conséquence : rien de mieux qu’une petite sieste pour faire passer les informations de la mémoire à court-terme à la mémoire long-terme. On entend déjà Jérôme installer son matelas sous le bureau.

En somme, en adaptant la réalité salariale au fonctionnement de notre cerveau, les neurosciences pourraient bien apporter de l’intelligence aux méthodes managériales et renforcer ainsi le bien-être au travail.

 

Le balbutiement des neurotechnologies

Dans un contexte où l’IA est dressée au rang de facilitateur absolu, les sciences cognitives pourraient peut-être nous permettre de replacer la complexité du cerveau humain au centre des préoccupations des entreprises.

De quoi rendre l’IA obsolète ? Pas tout à fait, car paradoxalement ce sont grâces aux avancées technologiques, et notamment en matière d’imagerie cérébrale que la recherche en neurosciences a tant évoluée.  Un duo (gagnant ?) qui pourrait rapidement bouleverser nos vies au travail, tant dans son environnement que dans les pratiques managériales et dans les synergies d’équipes.

Inévitablement, il a fallu peu de temps aux entrepreneurs et autres investisseurs pour s’emparer du sujet.  Découvertes prometteuses rimant régulièrement avec business juteux.

Pour autant, bien que cette discipline nourrisse de nombreux espoirs, peu d’applications concrètes n’ont encore trop convaincues. Ces neurotechnologies offrent d’ailleurs des perspectives aussi effrayantes qu’excitantes. Il suffit de jeter un œil au projet Neuralink d’Elon Musk, qui vise notamment à augmenter la mémoire en développant des composants électroniques intégrés au cerveau.

Le mot de la fin pour M. Noah :

C’est le bonheur qui crée la performance et non l’inverse

Merci Yannick.

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