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Statut cadre, il y a-t-il encore un intérêt ?

31 mars 2022 }8 minutes de lecture

Il devrait y avoir plus de 300 000 recrutements cadres en 2022. Source Apec.

Le recrutement de collaborateurs qui bénéficient du statut cadre connaît un regain d’activité ces dernières années. Parfois au bénéfice du collaborateur, parfois à celui de l’entreprise, ce statut connaît de fortes mutations, au rythme des réformes. Faisons le point sur les avantages et inconvénients du statut cadre.

Qu’est-ce qu’un salarié cadre ?

Revenons sur la définition de ce statut connu de tous, largement démocratisé, et pourtant si flou dans ses contours.

Le salarié cadre peut être défini comme « celui ayant des responsabilités au sein d’une entreprise ». Il n’existe pas de consensus sur cette définition. Le cadre est généralement celui qui fait le lien entre la direction et les salariés non-cadres. Il peut avoir des responsabilités hiérarchiques et managériales mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois la technicité du poste justifie le statut de cadre. Le statut cadre se justifie souvent par la détention d’un diplôme de niveau bac +5.

À noter : le statut doit obligatoirement figurer sur le contrat de travail et la fiche de paie.

Bien que son nom suppose des fonctions d’encadrement, le statut cadre n’est pas nécessairement assimilé à des fonctions d’encadrement. Il suppose en revanche un rôle stratégique dans le développement de la stratégie économique, un certain niveau d’autonomie et un pouvoir décisionnel qu’il soit économique, commercial ou technique.

Une organisation du temps de travail plus souple ?

Ce qui distingue surtout le statut cadre, c’est le montant des cotisations qui est plus élevé que pour les autres statuts et qui se traduit normalement par une retraite plus avantageuse. Parfois, il incombe aux cadres de comptabiliser le temps de travail en forfait jours plutôt qu’en nombre d’heures. C’est-à-dire qu’au lieu de travailler 35h par semaine, ils doivent travailler un certain nombre de jours durant l’année sans forcément compter les heures. En contrepartie, ces cadres bénéficient de RTT complémentaires.

À noter : ce système au forfait jour n’implique pas de travailler 24h/24. Ils ont le même droit au repos que les autres statuts. Et ne peuvent donc, normalement, pas dépasser le nombre d’heures légal de travail hebdomadaire. En revanche, ils sont plus libres dans la gestion de leur temps de travail et ont des horaires plus flexibles.

Période d’essai et préavis de départ

La période d’essai d’un statut cadre est de 4 mois renouvelables contre 3 mois pour les agents de maîtrise et 2 mois pour les ouvriers. Ce qui implique une attente potentielle de 8 mois avant d’être complètement intégré à l’entreprise. Ce risque peut occasionner une source de stress pour le collaborateur, mais se justifie par la complexité des missions qu’un cadre doit être capable de gérer. Attention, ce délai peut aussi être bénéfique au collaborateur, car cela lui donne plus de temps pour se faire une idée du poste et de sa capacité à gérer ses nouvelles responsabilités. On pense trop souvent, à tort, que les périodes d’essai ne sont utiles qu’aux employeurs.

Idem pour la durée de préavis de départ, elle est rallongée. Elle est de 3 mois pour un cadre, contre 1 mois pour les autres statuts. L’intérêt est de laisser suffisamment de temps au collaborateur d’assurer une bonne transition. En fonction de ses projets, cette durée allongée de préavis peut se révéler problématique pour le collaborateur.

Quels réels avantages ?

Un certain nombre d’avantages souffrent aujourd’hui des dernières réformes (retraites, chômage, formation professionnelle). Aussi, de plus en plus d’études déclarent que le statut cadre se fragilise. L’intérêt serait de moins en moins flagrant pour le cadre et c’est principalement les entreprises qui profiteraient désormais des avantages du forfait jour.

On peut facilement imaginer que certaines entreprises puissent proposer le statut cadre pour, d’une certaine manière, « contourner » la contrainte horaire des 35 heures hebdomadaires. L’attrait de ce statut cadre serait dès lors à (re)définir, tant pour les collaborateurs que pour les entreprises pour qu’il continue d’être avantageux pour tous.

Les autres statuts

Le statut d’assimilé-cadre

En droit Français, il existe également un statut appelé « assimilé cadre ».

La Cour de Cassation nous en a livré une définition. Le statut d’assimilé-cadre correspond à « l’expression de la volonté de l’employeur de reconnaître, au salarié, des droits attachés à la qualité de cadre aux vues de son travail et de son investissement au sein de l’entreprise». 

Pour pouvoir promouvoir un salarié au statut d’assimilé-cadre, la convention collective doit le permettre.

Le statut non-cadre

Les salariés non-cadres sont tous les salariés ayant un autre statut : les ouvriers et ceux que l’on englobe sous le terme ETAM, c’est-à-dire employés, techniciens et agents de maîtrise.

Le statut ETAM donne accès à des postes d’encadrement ou à forte technicité et suppose de détenir un diplôme de l’enseignement supérieur. Généralement, la rémunération des ETAM reste toutefois inférieure à celle d’un cadre.

Le statut d’ETAM

On vient de le mentionner ci-dessus, le statut d’ETAM regroupe les employés, techniciens et agents de maîtrise. Il s’agit d’un statut intermédiaire entre les ouvriers et les cadres. Il donne accès à des responsabilités d’encadrement ou des responsabilités techniques et suppose un diplôme de l’enseignement supérieur. À l’instar du statut cadre, et selon les secteurs et les conventions collectives, il peut également imposer un forfait jours.

Les salariés ETAM peuvent accéder au statut cadre par le biais notamment de la promotion interne, très largement pratiquée dans les grandes entreprises et PME/ETI françaises.

Focus portage salarial : est-il accessible aux non-cadres ?

Les statuts Cadre et non-Cadre sont possibles dans l’activité du salarié porté. Rhapsody Portage Salarial peut vous conseiller sur l’un ou l’autre des statuts selon votre fonction, votre activité et vos responsabilités dans vos missions. Le choix final vous appartiendra.

Pour rappel, le portage salarial est une forme d’emploi qui permet de bénéficier de la liberté de l’indépendant tout en conservant la sécurité du salariat.

Le portage salarial est un statut professionnel qui s’adresse à des personnes qualifiées d’expertes autonomes. Il s’agit donc de professionnels dotés d’une certaine expertise et d’une autonomie suffisante leur permettant de trouver et réaliser par elles-mêmes des missions professionnelles.

En ce sens, il n’est pas important que le salarié porté ait été cadre ou non au cours de ses expériences professionnelles passées. Ici, il est nécessaire d’être capable de mener à bien une activité professionnelle de manière autonome.

En effet, les sociétés de portage proposent (normalement…) des conditions optimales aux salariés portés pour dénicher des missions. Mais à l’arrivée, ce sont eux qui doivent concrétiser avec les clients. Comme c’est le cas de tout indépendant finalement.

AUTEUR.E

Christine Bellin
Directrice Associée

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